Biographie

Cette Marine-là est une fille du Bassin minier. Née à l’hôpital de Bois-Bernard, elle y a passé toute sa vie, et ses parents y travaillent depuis toujours. Quant à ses grands-parents, ils étaient agriculteurs à Beaumont-en-Artois et pharmaciens à Hénin-Liétard.

Diplômée de Sciences Po Lille, Marine a choisi de spécialiser ses études dans la gestion des établissements de santé. Un Master en poche, elle a fait de longs stages à l’Inspection générale des affaires sociales et à la direction de l’écologie hospitalière de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris.

Dès 2009, elle s’engage en politique en se présentant à la municipale partielle d’Hénin-Beaumont, après la révocation du maire Gérard Dalongeville, poursuivi, entre autres, pour corruption et détournement de fonds publics. Ses convictions sont résolument écologistes, et elle participe au scrutin sur la liste d’Europe Ecologie Les Verts, qui fera 8,72% des voix. Déjà, c’est le FN de Steeve Briois qui est en embuscade, mais il ne l’emportera pas cette année-là.

En 2012, la circonscription d’Hénin-Carvin est scrutée par toute la France, parce que s’affrontent Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Marine Tondelier est candidate aussi, pour EELV, et elle s’insurge contre ce choc Front National/Front de gauche, qui laisse de côté les vrais problèmes de habitants. «Le bassin minier, il est fatigué, il est fâché et il devient furieux», lâche-t-elle lors du débat entre candidats sur France 3. Heureusement, Marine Le Pen sera battue au second tour.

La grande bataille suivante sera celle des municipales de 2014. Cette fois, la gauche s’unit, et Marine Tondelier est deuxième sur la liste conduite par le maire sortant Eugène Binaisse. Mais les 32,04% du premier tour ne suffisent pas, le FN passe, et Steeve Briois prend la mairie d’Hénin-Beaumont. Commence alors le combat quotidien contre la machine infernale lepéniste. Elle se souvient: «Au premier conseil municipal, je me dis “si je ne me mets pas à l’eau maintenant, je vais être spectatrice tout le mandat”. Quand on est écolo, on a cette culture du contre-pouvoir. Maintenant quand on me coupe le micro, je continue à parler!»

En 2015, c’est elle qui est choisie pour conduire dans le Pas-de-Calais la liste de l’alliance entre le Parti de gauche et EELV aux élections régionales.

Les insultes au conseil municipal, les calomnies répandues sur les réseaux sociaux, les pressions incessantes contre les employés de la mairie, les vexations et chantages subies par de nombreuses associations, elle choisit de les raconter dans un livre intitulé “Nouvelles du Front”, qui paraît en mars 2017. C’est l’occasion pour elle de s’exprimer sur de nombreux médias nationaux et dénoncer ce qu’est la gestion d’une ville par un clan Front national.

Forte de son expérience parlementaire depuis qu’elle a été la collaboratrice de la sénatrice Aline Archimbaud et maintenant de la députée et ancienne ministre Cécile Duflot, Marine Tondelier milite pour un projet de reconversion ambitieux du bassin minier, fondé sur le développement durable, à l’image de l’expérience réussie par le maire de Loos-en-Gohelle, Jean-François Caron.